Les défilés changent d’époque

puech

C’est le temps des défilés de mode de la fin de l’hiver. Les clichés habituels sont toujours là : caméramans et photographes allant en meutes, paillettes et cocktails, mannequins et coiffeurs, rédactrices et créateurs. Paris se transforme lors d’une semaine en foire luxuriante de ce barnum mondial qu’est devenue la mode. Mais l’attention se porte sur les détails : Marc (who ?) tirera-t-il encore la langue aux journalistes américaines, Karine et Emmanuelle auront-elles encore des slims sur mesure, Hedi et Karl seront-ils sobres ou extravagants ? On sait que de toute façon, le travail présenté sera encore bien souvent magnifique, car tout est fait pour ça.

Chaque semestre c’est donc la même foire-exposition et chaque couturier se croit souvent obligé d’en rajouter. Les défilés sont parfaitement bien produits dans une surenchère permanente de moyens et de spectacle. On est resté finalement dans une logique de présentation à la cour des plus beaux atours des marquis, les défilés restent calqués sur le mode théâtral et sur l’opéra, des planches, des lumières, des acteurs, un public et des aristocrates prêts à faire la claque. Les défilés sont de plus en plus beaux et chers, de plus en plus prestigieux, même s’il faut aussi subir des ambiances d’usine minimaliste accompagné de musique déstructurée.

Cette année, c’est la révolution, Gareth Pugh, abandonne les codes du théâtre pour ceux du cinéma. Il était temps, on a cru un moment que la mode avait oublié le changement de siècle. Ce couturier, very very british (rock, bière, humour) propose cette année un film en noir et blanc à la place du défilé habituel. Pas n’importe quel film lowcost, puisque c’est le photographe Nick Knight qui produit cet opus, avec la collaboration de Ruth Hogben. Nick n’est pas à son premier essai, ce cockney surdoué vivant dans un décor à la Wallpaper imbibé de psychédélisme anglais, avait déjà révolutionné l’internet en lançant son showstudio.com, certainement le site de mode le plus créatif de l’époque.

Si vous avez raté les épisodes précédents, voici ci-dessous à quoi ressemble habituellement un défilé théâtral de Gareth Pugh, récupéré cette fois-ci par une grande banque écossaise avec un nom chinois.

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